dimanche 15 novembre 2009

Substitute par The Who




15 Juin 2009

- Tu as des préférences pour les remplacements ?
- Ben, dans l'idéal, je préfèrerais des remplacements courts en cycle 3 (ce2, cm1, cm2)
- Alors ce que je peux te proposer, à la rentrée, tu prendras un double niveau, petite/grande section, en maternelle, donc. L'enseignante que tu remplaces est en congé parental jusqu'au 15 octobre. Un  mois et demi... C'est court !



01 Septembre 2009

- Je suis le remplaçant pour la petite/grande section.
- On ne t'a pas prévenu ? La structure de l'école a changé, tu prendras une petite section.
- Je vais faire mon premier remplacement avec des petits qui ne sont jamais allés à l'école ? La première chose qu'ils verront de l'école, c'est moi ?
- Félicitations. Par contre, tu remplaces l'enseignante seulement pour dix jours, elle a écourté son congé.
- Ah oui ? Et quels rituels, quelles habitudes elle voudrait mettre en place dans sa classe ? Parce qu'il ne faudrait pas déstabiliser les gamins dès la rentrée !
- Je ne sais pas.
- Ah !


10 Septembre 2009

- Allô ?
- Oui, c'est l'Inspection. Demain, vous avez un remplacement en CP/CM1 à l'école Liberté.
- Mais je devais terminer mon remplacement ici !
- La stagiaire de l'Iufm sera bien là, n'est-ce pas ?
- Oui, mais c'est la première fois qu'elle verra la classe, elle devait la prendre toute seule que la semaine prochaine...
- La maternelle n'est pas prioritaire.



11 Septembre 2009

- Je suis le remplaçant pour le CP/CM1.
- On ne vous attendait pas, on a dit aux élèves de rester chez eux aujourd'hui, on ne pensait pas qu'ils auraient quelqu'un de disponible à l'inspection, ils ne nous ont pas prévenus de votre venue ! Et puis, c'est pas un CP/CM1, mais un CM1. Tenez, ils arrivent, vous aurez seulement cinq élèves, ils ne pouvaient pas rester à la maison.
- Cinq ?
- Ça va être cool aujourd'hui, hein ?


21 Septembre 2009

Je ne sais pas encore à quelle sauce je vais être mangé. Il est 8h, je me tiens prêt, j'attends l'appel de l'Inspection. Pour ne pas perdre de temps et aller le plus vite possible à l'école où je devrai effectuer mon remplacement, j'attends au terminus des bus.

8h20, toujours aucune nouvelle. Je devine que je n'irai pas aux Acacias, ville où les écoles démarrent à 8h30. J'ai encore le choix entre La Prairie St Danone et Gauloisville, qui ne commencent qu'à 9h00. Sinon, j'irai dans mon école de rattachement, aider ici ou là, prendre des petits groupes... J'ai comme une impression de déjà vu. Ah non, c'est que j'ai relu "Le journal d'un remplaçant" de Martin Vidberg.
J'ai avec moi le listing de toutes les écoles, adresses, numéros de téléphone, itinéraires...

8h50, je monte dans le bus qui m'amènera à mon école de rattachement. Le bus démarre, l'inspection appelle. Je suis affecté dans une école à l'opposé de la direction vers laquelle je vais. Je fais signe au chauffeur de s'arrêter, ce qu'il ne fera qu'à l'arrêt suivant, forcément.



25 septembre 2009


La première chose à faire en arrivant dans une classe, c'est prendre connaissance de l'emploi du temps, des services de récréation. Ici, il n'y en a pas. Je cherche alors le cahier journal, où sont notées les activités faites par les élèves les jours précédents. Je ne le trouve pas non plus. Le bureau est un véritable capharnaüm. Comme ma chambre. D'un remplacement à un autre, on peut aller d'un extrême à un autre. D'une classe extrêmement bien tenue (trop ?), avec progressions, programmations, emploi du temps, etc. à une classe où il n'y a rien. Et cette absence de rigueur s'en fait ressentir sur l'attitude des élèves. En tout cas, là où j'ai atterri.



28 septembre 2009


- Donc vous allez prendre les deux classes, les moyens et les grands.
- Comment ça deux classes ?
- Les deux maîtresses sont en congé pour raison de fête religieuse, alors on a prévenu les parents pour qu'ils gardent leurs enfants. Vous n'aurez pas les deux classes au complet, je vous rassure. Tout au plus une trentaine.
- D'accord...

*****

- Dis donc, toi, tu n'aurais pas une soeur et un frère qui sont à Joliot Curie (mon ancienne école), Mina et Rudy ?
- Oui.
- Oh, tiens donc !



29 septembre 2009


Pour toute la semaine, je suis envoyé dans mon ancienne école, là où j'ai passé les deux dernières années. Et comble de l'ironie, j'hérite de la classe de la collègue avec qui je m'entendais le mieux.
Je m'y suis tout de suite senti à l'aise. Je connaissais le lieu, les habitudes, la plupart des collègues, je n'ai pas perdu de temps. Les enfants non plus. Ils ont travaillé.

- Vous ne me connaissez peut-être pas (ils sont en CP), à part Sarah... J'ai eu ta sœur y a deux ans, Rebecca. Mais j'étais dans cette école ces deux dernières années, je connais la directrice et je connais encore mieux votre maîtresse, j'ai son numéro de téléphone, si quelque chose ne va pas, je l'appelle et l'affaire est réglée. Alors "Don't mess with me, ok ?"

( à suivre...)


Ps : Le Professeur des Écoles Remplaçant a le même statut qu'un professeur des écoles normal, il n'est pas moins payé, c'est plutôt le contraire, puisqu'il touche une prime de déplacement dès qu'il fait un remplacement en dehors de son école de rattachement. De plus, et je le rappelle, en cas de non remplacement, il touche tout de même sa paye et doit se rendre à son école de rattachement pour aider des collègues désireux de travailler en petits groupes avec ses élèves (dans le meilleur cas).









jeudi 12 novembre 2009

Thomas Fersen "Pièce Montée des Grands Jours"



(écrit après mon premier séjour à Barcelone, un été 2004...)


"On me dit que je suis paresseux, Que je ne fais que ce que je veux, C'est à dire, pas grand chose, On dit que je me repose... Je suis désolé, Je n'ai que deux pieds, Je n'ai que deux pieds, Franchement désolé."


Depuis ce jour-là, je n'arrête plus de les regarder, mes pieds… et ceux des autres.

Je chausse du 41, 7 en langage international. Pour la première fois depuis que je suis petit, j'ai acheté des chaussures ouvertes. C'était un mardi. Trois jours avant mon départ en vacances. J'ai acheté des chaussures ouvertes. Des espèces de sandales nouvelle mode. Pas des tongs, mais des sandales, de couleur bordeaux, en plastique, en soldes, faut pas déconner non plus, chez Décathlon.

On peut voir mes orteils, mes coups de pieds, mes chevilles, tous poilus… même les orteils. Pas autant que sur le dos, mais quand même! Qu'est-ce que je peux être poilu ! Qu'est ce que je voulais dire ? Comment dire ? Tu vois ce que je veux dire ? Le pied respire, mes ongles de pied prennent l'air. Ça fait bizarre au début. Mais après on s'y habitue. Comme pour tout. Et je n'arrête pas de les contempler, mes pieds. Aucun pied ne ressemble au mien. Heureusement ! Trois semaines que je ne les ai pas coupés, mes ongles de pied. Avant je les rongeais, j'étais très souple, vous savez ! Mais plus maintenant. Cette époque est révolue. Que s'est-il passé ? Trop de ventre ? Pas assez d'exercice ?

J'attends au feu rouge, toujours attendre que le petit bonhomme rouge passe au vert. C'est pour donner l'exemple aux plus jeunes. Toujours au vert, tu passeras. Sinon, les gens, ils te regardent de travers. En Allemagne, en tout cas. Ici, je n'ai pas encore essayé. Alors il faut faire passer le temps, quand on attend. Regarder autour de soi ? Les gens ? Les immeubles ? Le ciel ? Non. Mes pieds. Poilus. Mes beaux pieds. Mes beaux orteils. Je les fais bouger. Regardez-moi ! Je fais bouger mes doigts de pied sur la Passeig de Gracia! Bonjour, vous ! Mazette, j'ai oublié de mettre de la crème solaire. Sur mon nez et sur mes pieds. On ne pense pas assez à appliquer de la crème solaire sur les pieds. Du coup, j'attrape un coup de soleil sur le coup de pied, justement. Sur les deux pieds, forcément. Ça fait mal. Surtout avec les lanières des sandales. Le problème avec les sandales en plastique, c'est qu'on transpire des pieds. De dessous des pieds. Forcément, après, ça pue. Mais quand je rentrerai, je prendrai une douche et je me les laverai, mes pieds. Dehors, c'est pollué. Ils deviennent bruns. Et pas forcément à cause du soleil. D'ailleurs, plus tard, j'aurai la marque du bronzage des lanières de mes sandales. Mais personne ne le remarquera. Sauf à la maison, quand je me baladerai les pieds nus. Qu'est ce que je voulais dire ? Comment dire ? Tu vois ce que je veux dire ? Et donc pas forcément à cause du soleil. Dehors, c'est pollué. Il fait beau mais le ciel n'est pas bleu. Comme partout ailleurs. La faute à qui ? Pas à Voltaire en tout cas (trop facile, ce mot-là !). La faute à l'autre.

Je comptais parler des pieds des autres. Mais je me serais fait passer pour un fétichiste ou quelque chose comme ça. Et puis, de toute façon, tout le monde sait que je ne m'intéresse qu'à ma petite personne.

Ma paupière inférieure droite joue des castagnettes. C'est de circonstance. Pourtant, il n'y a pas de quoi se stresser ! Je suis en Espagne… pardon, à Barcelone, Catalogne, en vacances, avec des amis qui me sont chers, avec des gens que je viens à peine de connaître, mais qui me sont plutôt sympathiques et cette paupière joue un air de flamenco, constamment. Le problème, c'est que je ne sais pas danser. À part trois pas de salsa, je ne sais pas danser. Je danse comme un pied… encore lui.



dimanche 8 novembre 2009

Steven Soderbergh


Un questionnaire du journal Libération, adressé à Steven Soderbergh, que je reprends (comme quoi, je me prends pas pour du bousin...).
Lu sur la page Facebook de Laterna Magica (http://laternamagika.wordpress.com)







Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?

Mes parents m'empêchaient de voir n'importe quel film quand j'avais école le lendemain matin. Nous n'avions pas de magnétoscope. Donc je me la mettais derrière l'oreille. La vie était dure. Cela dit, ils ne m'ont jamais interdit de voir Le Silence des Agneaux ou la reprise d'Orange Mécanique au cinéma, alors que je n'avais que 11-12 ans pour le premier et 14 pour le second. Mes parents sont donc des irresponsables. Et le projectionniste qui me laissait rentrer aussi.




Une scène fétiche ou qui vous hante ?

Le générique de début de Pulp Fiction. Avec la musique «Misirlou» de Dick Dale. J'en ai eu des frissons, je me disais que j'allais voir un des films les plus jubilatoires qu'il soit.




Vous dirigez un remake : lequel ?

Jail Bait (Gibier de Potence) d'Ed Wood. (Don Gregor, un petit malfaiteur, participe avec un ami à un vol qui tourne mal. Après avoir échappé de justesse à la police, Don se réfugie chez son père, un chirurgien esthétique réputé qui lui fait promettre de se rendre. Mais son complice le retrouve et sous la menace de faire du mal à son fils, obtient du Dr Gregor qu'il vienne chez lui, lui faire un nouveau visage…)




Le film que vous avez le plus vu ?

Autant que je sache, Retour vers le Futur, suivi de Presque Célèbre que je revois une à deux fois par an (Dounia, si tu me lis, tu dois toujours me le rendre...) et pas loin les 400 Coups (que je passe à mes élèves). Et High Fidelity aussi.










Qui ou qu'est-ce qui vous fait rire ?

Jim Carrey. Et Will Ferrell. Et Ben Stiller aussi. Et n'oublions pas Jack Black !!!










Votre vie devient un biopic...

Je jouerais forcément mon propre rôle. A part que tout ce qui serait montré sera faux mais vrai quand même. Je me taperai plein de nanas, j'aurai 15 kilos en moins et j'aurai pas le dos poilu.

Le cinéaste absolu ?

François Truffaut.




Le film que vous êtes le seul à connaître ?


Ca serait un film québécois qui n'est pas sorti en France, Continental un film sans fusil de Stéphane Lafleur (qui est le chanteur du groupe "Avec pas d'casque" que je vous recommande...) (ça me fait penser que je dois toujours une critique de ce film pour Laterna Magica... un an et demi de retard... c'est si peu !)




Une citation de dialogue que vous connaissez par coeur ?


"Vous n'aimez pas la mer, vous n'aimez pas la ville, vous n'aimez pas la montagne, allez-vous faire foutre !"
"- Quelle est votre ambition dans la vie ?
- Devenir immortel et mourir".




(A bout de souffle de Jean-Luc Godard)




L'acteur que vous auriez aimé être ?

Johnny Depp. Charlie Chaplin. Buster Keaton.





Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C'était comment ?

The Box de Richard Kelly à la séance de 10h30 au Mk2 Gambetta, le jour de sa sortie. J'étais tout seul. Je ne me suis pas endormi. Preuve que le film était bon. (je suis de mauvaise foi, même quand il est bon, il m'arrive de m'endormir.)

Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?

Océan Mer de Alessandro Barrico


Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?

Quand le réalisateur se met au-dessus du spectateur, qu'il pense qu'il est plus intelligent.

Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?

«Nous nous sommes tant aimés.»

mardi 3 novembre 2009

Sur la Route de Jack Kerouac




Elle doit me prendre pour un fou, à venir tous les mercredis à la même heure, dans sa librairie. Bien sûr que j'y vais à ce jour précis, à cette heure précise pour la voir, même si je n'ai jamais encore osé lui demander son prénom. Mais c'est aussi parce que je ne peux pas m'en empêcher. D'acheter. Des livres. Ma chambre en est remplie. Mes étagères ne suffisent plus, je les empile, au pied de mon lit. Y en a même dans mes toilettes. Tous les livres que j'ai lus ont cette caractéristique d'avoir ma signature sur la première page vierge et les dates entre lesquelles je les ai lus et le lieu où j'ai feuilleté, écorné, abîmé, plié, annoté les pages parcourues. Mais il m'en reste toujours que je n'ai pas lus. Une vingtaine. Pas toujours les mêmes, y a un roulement.


A chacune de mes visites, je repars avec, sous le bras, deux, trois, quatre livres, roman, essai, bande dessinée, recueil de nouvelles, de poèmes, guide de voyage, pièce de théâtre, qu'importe. J'en lis toujours deux dans la foulée. Je m'arrête dans le café le plus proche, commande un café crème avec un verre d'eau – je croise les doigts pour qu'on m'apporte avec un spéculos ou un carré de chocolat. Et je lis. Je ne fais plus attention à rien, aux gens qui m'entourent, à ceux qui reviennent du marché avec un bouquet de fleurs à la main, aux couples qui se sont donné rendez-vous, aux aspirants écrivains qui tapotent sur le clavier de leur ordinateur portable, aux autres lecteurs.
Quant aux deux autres, une fois revenu au bercail, je les place avec tous les autres que je n'ai pas encore lus. Je leur dis : « Un jour, ça sera votre tour. Peut-être pas demain ni la semaine prochaine, mais n'ayez crainte, vous serez lus. »


- Un jour, il faudra que je calcule l'argent que je dépense dans votre librairie. Par mois, par année. C'est une rente.



J'aurais pu lui dire ça, mais je me suis contenté de lui sourire, d'attendre sagement qu'elle scanne les codes barres des ouvrages que je venais de lui confier, qu'elle me dise ce que je lui devais.


- Je pourrais emprunter les livres à la bibliothèque, vous vous dites. J'y ai pensé. Mais vous allez rire, je ne le supporterais pas. Je vais vous raconter une histoire : Un jour, je suis entré dans une librairie qui vendait des livres d'occasion. Je ne cherchais rien de spécial quand je vis « Sur la route » de Jack Kerouac. Je ne sais plus quel âge j'avais à cette époque-là, mais j'avais déjà entendu parler de cet auteur, de ce qu'il représentait, la Beat Generation... Je ne le feuilletai même pas, je me dirigeai vers la caisse et l'achetai.




Évidemment, j'aurais pu lui conter cette histoire s'il n'y avait eu personne derrière moi.


- Croyez-le ou non, mais je n'ai pas apprécié ce livre. Non pas à cause de l'intrigue, de l'écriture ou autre chose, mais tout simplement parce que je suis passé à côté. L'ancien propriétaire de ce livre avait souligné des passages entiers, au stylo rouge. Il avait également annoté à certaines pages les impressions qu'il avait eues. J'ai ressenti alors une impression de... Ce livre ne m'appartenait pas et je ne lui appartenais pas. Vous comprenez ?


Il est certain qu'elle m'aurait compris, j'aurais alors conclu par ces mots.



- Je reviendrai. La semaine prochaine. A la même heure. Et là, je me dirigerai vers la section Littérature Étrangère, je chercherai les auteurs dont le nom de famille commence par K, je trouverai les ouvrages écrits par Jack Kerouac, je m'emparerai de l'édition de poche de « Sur la route ». Sans perdre de temps, j'irai vous rejoindre, vous encaisserez les quelques sous que coûtera ce livre, je vous dirai au revoir, parce que je vous reverrai, il n'y a aucun doute. Avant de partir, je vous dirai que je vais lire ce que je viens d'acheter au café Lou Pascalou, rue des Panoyaux. Vous connaissez ? Non ? C'est rue des Panoyaux. Vous avez déjà lu « Sur la route » ? Non ? Comment peut-on ne pas avoir lu « Sur la route » quand on travaille dans une librairie ? Je viens de commencer « Mrs Dalloway » de Virginia Woolf, vous connaissez ? Oui ? Un partout, balle au centre, je n'avais jamais lu Virginia Woolf.


Je reprends ma respiration.
  

- Vous terminez à quelle heure ? Vous pourrez alors passer au café et je vous prêterai mon exemplaire  de »Sur la route ». Je l'aurai alors terminé. Et si je n'ai pas terminé, vous me regarderez le lire. Je plaisante. Ou je le mettrai de côté et nous discuterons, qu'en dites-vous ?


vendredi 23 octobre 2009

Tempête de boulettes géantes de Phil Lord et Chris Miller

(ok, je triche un peu, j'ai écrit ce texte fin juin après avoir vu L'Âge de Glace 3, c'est notre petit secret, à toi et à moi...)



Non mais quelle idée d'aller voir ce film en matinée. Je veux dire, en plein après-midi , un mercredi.  Mais où avais-je donc la tête ? C'est mercredi, bordel, je les évite, d'habitude, mais que m'arrive-t-il ? Ok, j'adore dormir dans les cinémas, j'y dors mieux que dans mon lit, quel que soit le film, bon ou mauvais, mais j'aurais dû y penser.

Ça commence dans la file d'attente, je me trouve derrière une mère et trois enfants - deux garçons et une fille, 15, 12 et 9 ans à la louche -. L'aîné m'a l'air un peu limité, il a de l'acné et se rase la moustache, le cadet s'exprime très mal et la benjamine n'arrête pas de balancer ses bras, si bien que je suis obligé de reculer pour ne pas me prendre sa main dans mes parties génitales.

Il pleut.

Derrière moi, une petite fille, qui n'arrête pas de me heurter avec son parapluie. La mère ne dit rien. Mais je garde mon contrôle, j'ai déjà fait du grabuge dans mon ancienne école, il ne faudrait pas que je perde encore mes moyens. (pour mémoire, un doigt coupé, deux nez pétés, un bras cassé, trois tympans percés, tout ça, sans faire exprès, bien évidemment).

L'ouvreuse est débordée. Elle tente de contenir les loubards du quartier. Les loulous, les loubards du XXe. Douze ans, pas plus. Petits cons de resquilleurs.

Je rentre dans la salle, je me place au bout du dernier rang, près de la sortie, on ne sait jamais. Je tente de me plonger dans la lecture d'un roman de Virginia Woolf que m'a conseillé une amie à moi (si une fille plutôt jolie me conseille de lire ou écouter quelque chose, tu es sûr que je vais suivre son conseil, prévisible, je suis), je jette un œil sur les bandes annonces, un film avec Jim Carrey à la place de Picsou, un enfant qui rétrécit et est propulsé dans un jardin, des bestioles qui chantent avec une voix hypra-aigue... Je suis consterné. (je regrette qu'ils ne passent pas des images de Max et les Maximontres...)



Un gamin devant moi n'arrête pas de sautiller sur son siège à la vue du dernier Arthur et les Minimoys. Il est tout excité. Encore heureux pour sa mère qu'il ne connaisse pas encore l'existence de la masturbation.

La projection est un orchestre dissonant de mâchage de pop corn et autres friandises, les jeunes cons de douze ans, premier et deuxième rangs, n'arrêtent pas  de parler, de jouer avec leurs cellulaires et je n'arrive pas à dormir, bordel de mercredi. Le film me fait vaguement sourire, mon esprit s'évade, je regarde l'heure, le gamin de devant s'excite encore sur son siège. Un adulte perd patience, il prend par le cou un des jeunes sauvageons et le sort manu militari de la salle, ses autres potes les suivent, personne ne bouge, à peine un « monsieur... » ou un « ils vont pas nous faire chier longtemps ». Je ne bouge pas. J'espère qu'en sortant, je ne me salirai pas mes chaussures dans la flaque de sang appartenant à cet adulte, qui se sera fait saigné à blanc par ces jeunes, même pas de banlieue. La gangrène a même pris dans Paris, la France part à vau-l'eau, ma bonne dame, on est en sécurité nulle part. A quoi ça sert de payer tant d'impôts, si c'est pour ne pas se sentir en sécurité. J'ai trouvé la solution, il faudrait envoyer tous ces petits cons sur une île déserte et les obliger à s'entretuer, ça leur apprendrait la vie et le respect. Il n'y a plus de respect, on ne respecte plus ses aînés. Carine C. me l'avait bien dit qu'il fallait respecter ses aînés, je lui avais mal parlé. Nous étions en seconde et elle avait neuf mois de plus que moi.

jeudi 22 octobre 2009

The Pixies @ Zenith, 15/10/09




To Do List.


- Sauter à l'élastique et/ou en chute libre. (l'élastique relié à l'avion duquel je saute, c'est plutôt pas mal comme idée...)
- Rencontrer Jodie Foster. (et lui dire que je l'aime depuis toujours)
- Revoir la fille de la piscine. (et lui dire que je l'aime depuis toujours)
- Faire le tour du monde. (en 80 jours)
- Relancer la production du sirop grenadine Lieutard plein de colorants, avec lequel on pouvait concocter un merveilleux lait grenadine rose bonbon. (ça me manque)
- (re)Jouer au Festival d'Avignon.
- Voir Bruce Springsteen, Beastie Boys, Lenny Kravitz, Portishead, Radiohead, Iggy Pop, les Pixies, Blur, U2, Jean Leloup, Lhasa, les Beatles, etc. en concert. (pour les derniers, ça va être un peu compliqué...)

Ps : Alors voilà, je les ai vus. J'ai entendu les chansons que j'écoutais quand j'avais quinze ans ou un peu plus (et que j'écoute encore : cf album Bossanova). J'ai barré leurs noms de ma liste des artistes à voir absolument, en sachant que je ne les reverrai pas. Je m'y attendais. Au(x) suivant(s).

mercredi 21 octobre 2009

Tokyo Montana Express de Richard Brautigan



Est-ce qu'il m'en voudrait, Richard Brautigan ? Il a écrit ce recueil d'histoires, de microfictions, d'une, deux, trois ou quatre pages. Il a bien dû passer du temps à trouver les titres de ces récits, à les ordonner, pour y insuffler un rythme, une logique. Pourquoi telle histoire ouvre le bouquin ? Pour quelle(s) raison(s) telle autre histoire le ferme ?

Je suis détestable. J'ai commencé à lire dans un premier temps les histoires d'une page, puis celles longues de deux pages, puis celles de trois, etc., faisant fi des convenances et des volontés de l'auteur. Mais qu'est-ce que j'en sais, après tout, de ce que voulait Brautigan ? Et ne me demandez pas pourquoi, j'ai pris cette habitude, je ne le sais pas moi-même, pas consciemment en tout cas. Tout ce que je sais, c'est qu'au beau milieu de son hommage à Groucho Marx, j'ai regardé le séchoir faire valdinguer mes sous-vêtements, comme hypnotisé par le mouvement rotatif de la machine. Mon t-shirt vert restait collé à la paroi et même quand le mouvement changea de sens, il resta là où il est.

Je repris ma lecture, redémarrant du début de la nouvelle, ne sachant plus très bien où j'en étais. Je refermai mon sweat à capuches, pour me donner l'impression d'avoir moins froid. Aujourd'hui, encore un jour passé sans chauffage. J'ai froid. Si je pleurais, de la neige sortirait de mes yeux. Comme à mon habitude, je restai un moment à me dévisager, pour finalement me détourner vers mes Choco BN.